M. L.
Né le 22 juin 1956 à Nancy
Email : mlaurent1@free.fr

Nom d’artiste : Trouble

Parcours artistique :

Enfance baignée par la musique (essentiellement religieuse) de Bach, mais aussi Piaf, Ferré, et la pop.

Piano classique de 7 à 15 ans (depuis, en dilettante)

Études littéraires

Mélomane éclectique, le seul critère d’appréciation est la présence de l’émotion exprimée, la sincérité du compositeur, son urgence à s’exprimer.

École Nationale des Beaux-Arts de Nancy, diplômé en 1977.
(architecture intérieure et créations de modèles)

Apprentissage de la guitare, essentiellement pour jouer les chansons de Leonard Cohen dont je suis un inconditionnel admirateur. Lecture aussi de ses poèmes et romans. Représente une influence majeure avec un autre Cohen, l’écrivain Albert (découvert plus tard).

Quelques essais de peinture à l’huile, peu concluants.
Cependant, une toile (réalisée en 1980 à des fins thérapeutiques pour un tiers) sert de fond à « Safe qui peut » (pour l’exposition éponyme à Paris en 2006).

Trois années de musique électroacoustique, études au CERM (Centre Européen de Recherche Musicale) de Metz. Réalisation et diffusion de pièces dans la région Est, et présentation personnelle à François Bayle (alors directeur du Groupe de Recherches Musicales à Paris) et Bernard Parmegiani, lesquels furent très encourageants.
Discipline abandonnée pour raisons financières, mais matériel et matériaux conservés, avec l’espoir de poursuivre aussi dans cette voie passionnante.

Écriture de poèmes, chansons et romans policiers, plus quelques nouvelles orientées SM.

Accès à la PAO par une formation en 1998-1999. Débuts d’une expression infographique par scans et traitements de différentes matières (pierres, tissus).
Travail sans prétention, visible ici : http://mlaurent1.free.fr/trouble/structures/structures.html
Pratique quotidienne depuis.

Étape importante (et décisive), la rencontre avec le collectif LGBT Queer Factory fin 2004.
Première œuvre (« évasion ») présentée lors de l’exposition LimitE à Paris en février-mars 2005.
Suivra LimitE 2 Borderline avec « entre deux mondes ».
Safe qui peut (février-mars 2006), avec age quod agis et octoptyque.

Nouvelle étape, première exposition personnelle à Nancy : contrechamps.
Une trentaine d’œuvres témoignant des diverses directions de recherche et d’expression.

Contrechamp, contre-chant, contrepoint, contre-courant...

L’artiste propose des visions alternatives : modifier son point de vue, prendre du recul, ou au contraire, macroscopie...

Sortir des schémas institués. Se révéler, se trouver, devenir et être soi-même.
Au-delà de la morale et du genre.
Mais dans le respect de l’autre et des lois.
Mais que serait la technique sans un propos et/ou une réflexion ?

Voici un commentaire relevé dans le livre d’or de mon site web :

Suite à notre visite sur Paris lors de ton exposition de photos : Bravo l’artiste ! L’artiste est un être fini, mais son art est infini. L’artiste crée grâce à deux éléments indispensables qui se complètent : 1 - L’inspiration, qui doit être en renouvellement perpétuel, 2 - La technique, qui doit être au service des émotions et n’exister que pour elle-même. Le véritable artiste ne cherche pas à plaire au public, parfois il se doit même de lui imposer des œuvres qui vont d’un premier abord à l’encontre de ses goûts (au public) afin de le faire évoluer vers d’autres perceptions.

Mes œuvres (comme bien d’autres) peuvent demander une explication sur leur sens ou signification.
Mais il arrive un moment où le travail accompli n’appartient plus à son auteur, l’œuvre naît et débute sa vie propre (je ne suis qu’un géniteur). Dont une part non négligeable est due aux spectateurs eux-mêmes, lorsqu’ils expriment leurs réactions. Alors à quoi bon dire : « j’ai voulu exprimer ceci ou cela ? » Le plus important est justement de faire réagir, d’interpeller, quitte à aller jusqu’à la provocation si le thème le requiert.
C’est ma gratification lorsqu’une personne me parle de son ressenti. Quand j’ai réussi à toucher un coin de son âme...

L’une d’elles s’intitule d’ailleurs « états d’âme ». Peut-être ce nom pourrait-il résumer ma démarche ?
Ce qui est important pour moi, c’est l’Être. Je dis non aux dieux Argent, Pouvoir..., et oui à l’Amour, la Vie, la Paix, la Sagesse.

L’expression picturale comme vecteur de communication ? pourquoi pas ?

Autre pôle d’intérêt, les difficultés de l’être en devenir (quel que soit son âge) : la découverte de ce que l’on est, et son acceptation.
Et réciproquement : savoir aimer l’autre tel qu’il est.

Je prône donc le respect de l’autre, quel qu’il soit. Bref, la tolérance.
Pas comme un discours démagogique (je ne suis pas politicien), mais comme une nécessité, ou peut-être même une urgence.

Cela en partie parce qu’il m’a été impossible de choisir entre homo et hétérosexualité. Jusqu’à dépasser ce clivage « gauche-droite », me positionner définitivement en tant qu’être humain mâle, au-delà du genre (essai en cours d’écriture sur ce thème), et à aborder l’autre dans son identité essentielle. Je peux avoir une relation privilégiée avec d’autres, sans m’arrêter à son genre.

« Le vingt-et-unième siècle sera spirituel ou ne sera point » a dit André Malraux. Cette petite phrase (visionnaire ?) résonne en moi tel un leitmotiv.

Lorsque j’illustre un thème, j’espère que les personnes concernées seront réconfortées, croyant qu’être compris peut les aider et les rassurer.

Notes de travail sur quelques œuvres récentes :

Entre deux mondes, entre deux identités.
Fil du rasoir.
Rupture du fil du funambule.
Lames de rasoir, libératoires.
Passage d’un monde à un autre.
Femme dans un corps d’homme.
Rejoindre sa vérité, sa réalité.
Le phallus disparaît au profit de l’Être.
Entre deux mondes, un autre monde ? au-delà ?
Rupture avec le physique pour accéder au spirituel ?
Ré-union de l’être déchiré, divisé.
Le mâle acceptant enfin sa part de féminité ?
Le sexe des anges s’envole au-delà, en-dehors du clivage homme-femme.
BORDERLINE...

Bien que n’étant pas personnellement confronté à ce problème, j’ai tenté d’imaginer et d’imager ce que pouvait vivre, ressentir, une femme née dans un corps d’homme (la problématique inverse aurait été équivalente). Et au-delà, les drames que peuvent engendrer la recherche de sa propre identité face aux jugements, au regard d’autrui, et à la morale « bien-pensante », alors que nous sommes seulement face à une personne en détresse, en quête d’elle-même.
Une fois encore, j’en appelle à l’humanisme présent en chacun de nous.
Je revendique pour chacun la liberté d’être soi-même, dans le respect de chacun.


Safe qui peut
SSR, préservatifs
Sauve qui peut, au secours, fuite (pour échapper au danger)
Safe : sain, sécurisé
Qui peut : qui en est capable (physiquement, spirituellement, mentalement ?)
Sublimation, transcendance, élévation.
Faire l’amour est signe de bonne santé.
Faire l’amour est risque de mauvaise santé.
Précautions...

Thème difficile au départ, mon travail s’est achevé ainsi. Les éléments de base, avec la terre, le ciel, la mer entre les deux, le virus au centre s’élevant (prenant de l’ampleur...). Ensuite, un bouddha hilare avec une capote sur la tête, faisant de l’ombre sur la plage. Dans celle-ci, un homme encordé, victime du virus...
Cette version a été encore développée. L’être est confronté au puzzle qui doit lui permettre de se reconstituer.


À l’envers/allant vers
Au départ, j’imaginais un homme se dirigeant vers la montagne « fric », opposé à un autre se dirigeant vers la montagne « paix ».
La partie gauche de l’image est le « ground 0 », à droite « monument valley ». Au centre, un aborigène qui tourne le dos au matérialisme, allant vers son destin, l’Être, le Soi, l’Or, le meilleur de soi-même, l’Être éternel.
Contrairement au bouddha de « safe qui peut », il ne s’agit pas d’un ascète. La partie gauche de la montagne a une forme suffisamment explicite j’imagine.

À noter

Mes illustrations ne veulent absolument pas être moralisatrices. Elles sont le fruit d’une réflexion et d’une concrétisation picturale à vocation artistique et, en partie (autant que faire se peut), pédagogique.
Ainsi, dans « safe qui peut », on peut voir un ascétisme rayonnant, voire moqueur. Il n’est pas présenté comme une valeur supérieure absolue. La « victime » dans l’ombre a autant de valeur. Si le bouddha est hilare, c’est peut-être simplement parce qu’il a compris la relativité des choses.
Mais on ne peut pas « faire l’autruche » face aux risques de maladie.


Étude des différentes religions et philosophies.
Vingt ans d’astrologie (plus comme philosophie que comme support prévisionnel malgré une période professionnelle).
Approche sérieuse de l’alchimie.
Pratique des états d’expansion de conscience.
Thérapie énergétique.

Autres

évasion, trois images de 30/30 cm, superposées dans un ordre anté-chronologique. Cette présentation « à l’envers » a entraîné des interprétations inattendues dans une lecture de haut en bas. Preuve en est que briser des conventions peut être enrichissant.
Le thème : « LimitE ». Mon propos était (en partie) de montrer qu’il peut être jouissif et libératoire de dépasser les limites, de s’en affranchir. Émancipation.

Les « marques corporelles », états d’âme et focus.
La mortification peut être transcendantale (thème ancien). Recherche de présentation.

Travaux graphiques, homme avant le bain, eagles, sucré-salé.

donner du piquant, par le biais d’une dérision assez « crue », le message est simple : « réveillez-vous ! ».

quitte ou double, aborde à nouveau la question de l’identité de l’Être, refusant de se limiter à un genre.

 

Beaucoup d’autres travaux depuis, mais est-il pertinent d’apporter des explications sur la démarche et les réflexions ?

L’essentiel est l’émotion suscitée. Et l’échange (humain) qui peut en découler.